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Du vibe coding à la production.

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Vibe coding : définition, limites et méthode

Publié le 20.10.2026 · Mis à jour le 22.10.2026 · 7 min de lecture

Sommaire
  • D'où vient le terme
  • Ce que l'IA fait très bien
  • Ce qu'elle fait mal
  • Pourquoi tant de projets restent-ils des prototypes ?
  • La méthode CADRE
  • Les outils du vibe coding, et leur rôle
  • Un exemple concret
  • Les erreurs à éviter
  • Par où commencer
  • Questions fréquentes

Le vibe coding consiste à construire une application en décrivant ce que l'on veut en langage naturel, et en laissant un outil d'intelligence artificielle comme Lovable ou Claude écrire le code. Il donne un prototype en quelques heures. Pour une application professionnelle en production, il faut y ajouter une méthode : cadrer, structurer les données, tester les accès et vérifier la sécurité.

D'où vient le terme

L'expression a été popularisée en février 2025 par Andrej Karpathy, chercheur en intelligence artificielle. Il décrivait une manière de programmer où l'on « suit le courant » : on décrit, l'IA écrit, on teste, on recommence, parfois sans lire le code. Un an plus tard, il a lui-même proposé un terme plus exigeant pour la pratique professionnelle, l'« agentic engineering » : l'IA construit, mais un humain spécifie, vérifie et assume.

Les outils les plus utilisés en français sont aujourd'hui Lovable, Bolt, Cursor et Claude, souvent associés à Supabase pour la base de données.

Ce que l'IA fait très bien

  • Générer rapidement des interfaces propres et adaptées au mobile.
  • Écrire le code standard que l'on retrouve dans des milliers d'applications : formulaires, listes, connexions, tableaux de bord.
  • Expliquer le code qu'elle produit, si on le lui demande.
  • Proposer des variantes sans se lasser.

Pour une personne qui ne code pas, c'est un changement considérable : un dirigeant de PME peut construire lui-même un outil interne qui, il y a peu, aurait demandé un développement sur mesure.

Ce qu'elle fait mal

  • La cohérence dans la durée. Elle répond bien à la demande du moment, mais peut oublier une décision prise trois demandes plus tôt.
  • La sécurité par défaut. Elle peut créer une table sans règles d'accès ou un espace de stockage ouvert si on ne l'a pas demandé explicitement.
  • Les règles métier implicites. Si vous ne dites pas qu'un client ne doit jamais voir les dossiers d'un autre, rien ne garantit qu'elle le devine.
  • La vérification. Elle peut affirmer avoir corrigé un problème qui ne l'est pas.

Ces limites ne sont pas théoriques. Des chercheurs ont relevé que 170 applications sur 1'645 créées avec Lovable exposaient des informations personnelles, à cause de règles d'accès absentes ou mal configurées.

Pourquoi tant de projets restent-ils des prototypes ?

Quand un projet construit avec l'IA reste bloqué au stade du prototype, trois causes reviennent :

  1. On a construit avant de cadrer : l'application est partie dans une direction que personne n'a décidée.
  2. La sécurité est arrivée à la fin : il faut alors reprendre les tables, les rôles, les règles.
  3. Personne n'a su sortir des boucles de correction : chaque tentative consomme des crédits et rend le code plus confus.

Aucune de ces causes n'est technique. Ce sont des questions de méthode.

La méthode CADRE

Voici la méthode que nous appliquons sur chaque projet, de l'outil interne au logiciel multi-clients.

  1. Cadrer : une page qui dit qui utilise l'application, avec quels droits, pour faire quoi, et ce qui est hors périmètre. Elle est validée par un vrai utilisateur.
  2. Architecturer : les tables, le propriétaire de chaque ligne et les règles d'accès, avant le premier écran métier.
  3. Découper : 15 à 25 tâches, chacune assez petite pour être vérifiée à l'écran.
  4. Réaliser : l'outil construit, un second regard relit les plans sensibles avant toute modification.
  5. Éprouver : des tests avec plusieurs comptes, y compris ceux qui doivent échouer.

La plupart des débutants commencent par l'étape 4. C'est précisément pour cela que leurs projets bloquent.

Les outils du vibe coding, et leur rôle

OutilRôle principalÀ savoir
LovableConstruire l'application complète depuis le navigateurSe connecte à Supabase, GitHub et Stripe ; mode Plan pour réfléchir avant de modifier
BoltConstruire une application web depuis le navigateurApproche proche de Lovable
CursorÉditeur de code assisté par l'IAPlutôt destiné à des personnes qui lisent le code
ClaudeConseiller, relecteur, rédacteur du cahier des chargesPeut aussi agir sur vos outils via des connecteurs
SupabaseBase de données, connexion, fichiers, fonctions serveurLa sécurité repose sur les règles d'accès (RLS)

Le choix de l'outil compte moins que la méthode. Une application mal cadrée posera les mêmes problèmes avec n'importe lequel.

Un exemple concret

Une petite fiduciaire perd une demi-journée par semaine à relancer ses clients pour des justificatifs. Avec la méthode, son responsable construit en quelques semaines un portail où chaque client voit ses dossiers, dépose ses documents et sait ce qui manque. Les décisions importantes sont prises avant la première ligne de code : un client ne voit que ses dossiers, un dossier ne se supprime pas mais s'archive, les fichiers sont privés et les liens expirent. L'IA écrit l'essentiel du code ; l'humain décide, vérifie et teste.

Ce type d'outil interne est le terrain idéal du vibe coding : un problème réel, des utilisateurs connus, un périmètre maîtrisé.

Les erreurs à éviter

  • Coller toute son idée dans un seul prompt.
  • Ajouter les tables au fil de l'eau, sans modèle de données.
  • Tester uniquement avec son propre compte administrateur.
  • Enchaîner les demandes de correction quand un problème résiste, au lieu de changer d'approche à la deuxième tentative.
  • Publier sans avoir cherché les clés secrètes dans le code et dans le navigateur.

Par où commencer

  • Choisissez un projet modeste : un vrai utilisateur, un parcours de 5 à 10 étapes, 3 rôles au maximum, pas de données sensibles.
  • Rédigez votre page de cadrage avant d'ouvrir l'outil de construction.
  • Avant toute mise en ligne, passez les 12 contrôles de sécurité de notre guide gratuit.

Questions fréquentes

Faut-il savoir coder pour faire du vibe coding ?

Non. Il faut savoir décrire précisément, vérifier et tester. Lire un plan de modification et une règle d'accès s'apprend sans devenir développeur.

Le vibe coding convient-il à une application professionnelle ?

Oui, à condition d'y ajouter une méthode : cadrage, règles d'accès testées, secrets protégés, sauvegardes. Sans cela, il convient surtout aux prototypes.

Quelle différence entre vibe coding et no-code ?

Les outils no-code classiques assemblent des blocs prédéfinis dans une interface visuelle. Le vibe coding produit du vrai code, que vous pouvez récupérer sur GitHub, confier à un développeur ou héberger ailleurs. Il offre plus de liberté, et demande en contrepartie plus de rigueur sur la sécurité, puisque rien n'est verrouillé par défaut.

Combien de temps faut-il pour une première application en production ?

Pour un outil interne modeste, comptez 25 à 30 heures réparties sur plusieurs semaines, cadrage et tests compris. Le prototype ne représente qu'une petite partie de ce temps.

Combien coûte une application construite ainsi ?

Les outils représentent en général quelques dizaines de francs par mois pendant la construction. Le vrai coût est le temps consacré au cadrage, aux tests et à la maintenance.

Sources : Wikipedia, article « Vibe coding », consulté le 19.10.2026.

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